La guerre en Afrique
AiL'Afrique, qui compte 53 pays, a connu, ces dernières années, de nombreux conflits armés, dont certains semblent en voie de règlement, tandis que d'autres s'enlisent ou pourraient s'aggraver.
Aujourd’hui encore d’autres pays sont en guerre ou vivent une situation précaire d’après-guerre ou, encore, sont embourbés dans un contexte qui, s’il n’est pas celui de guerre, peut malheureusement en constituer l’étape préliminaire.
Comment est-on arrivé là ? Ces situations sont-elles évitables et de quelle manière ? C’est à ces questions qui taraudent plus d’un Africain et plus d’un observateur que nous allons tenter d’apporter des réponses.
DEVELOPEMENT
Chaque jour en Afrique, la guerre fait des milliers de morts et de blessés, dont la moitié de ces victimes innocentes sont des enfants.
Une multitude de guerres civiles ont fait irruption récemment dans ce continent et ont provoqué la mort de plus de personnes qu’au cours des deux dernières décennies n’importe où ailleurs sur la terre
À titre d’exemple, le Comité de Secours International a estimé à 3, 3 millions de personnes mortes à la suite du conflit en République démocratique du Congo. Le génocide au Rwanda en 1994 a fait, quant à lui, plus de800 000 morts.
En plus de provoquer la mort de millions de gens, les conflits en Afrique déplacent aussi des millions de personnes. L’Afrique compte le plus grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Les civils quittent les régions en conflit parce qu’ils y sont généralement persécutés et parce qu’ils veulent échapper à la violence qu’amène la guerre. Même si dans les camps de réfugiés, les gens peuvent bénéficier d’une sécurité temporaire, il n’en reste pas moins qu’ils doivent faire face à des pénuries de nourriture chronique, à un manque d’eau potable, à une insalubrité des lieux qui conduit parfois à des épidémies de maladies comme le choléra et la diarrhée aiguë, etc.
De plus, les guerres des dernières années ont détruit, dans les pays en conflit, la plus grande partie des infrastructures de transport et de télécommunication ainsi que les services d’éducation et de santé. En outre, les guerres ont endommagé l’environnement, lequel, à son tour, a contribué à de nouveaux cycles de conflits relatifs aux ressources et à leur contrôle. En somme, elles ont pour effet de perturber les fragiles systèmes socioculturels politiques et économiques des pays africains.
Les enfants, parce qu’ils sont jeunes, fragiles et sans défense, restent les individus les plus vulnérables de la société en temps de conflit. Les violences physiques, sexuelles et émotionnelles auxquelles ils sont exposés durant les guerres ébranlent les fondements de leur univers
Les conflits détruisent leurs foyers, désintègrent leurs communautés, minent leur confiance envers les adultes et paralysent leur apprentissage et leur développement.
Mentionnons aussi qu’ils sont parfois recrutés comme soldats par des groupes armés pour exécuter toutes sortes de tâches : combattants, boucliers humains, espions, poseurs de mines, sentinelles, messagers, cuisiniers, domestiques, porteurs. Les filles, outre qu’elles participent au combat, servent d’esclaves sexuelles aux officiers adultes. L’usage fréquent de drogue ou d’alcool, combiné avec leur jeune âge, permet aux officiers adultes de les manipuler pour en faire des soldats très violents pouvant participer à des actes de barbarie.
Les anciennes puissances coloniales, soit par le soutien inconditionnel qu’elles apportent aux pouvoirs en place, soit par leur silence complice, portent une part de responsabilité dans la gestion, l’éclatement et les ravages de ces conflits.
Avant le tournant des années 90, la majorité des guerres civiles reflétaient l’opposition EST-OUEST, communisme libéralisme. De nos jours, elles s’apparentent, du moins du côté des rebellions, à une lutte pour plus de justice, de démocratie et de liberté.
L’héritage colonial
Certes, les anciennes puissances coloniales ont souvent été montrées du doigt et considérées comme des boucs émissaires idéaux par certains leaders africains pour justifier leurs propres faillites. Depuis les années 60, la plupart des Etats africains ont accédé à la souveraineté nationale et internationale. Ce qui signifie qu’ils ont pris en main leur propre destin.
Cependant, on ne peut esquisser une explication de la situation du continent sans évoquer notre passé colonial. En effet l’Afrique n’aurait pas eu le visage qu’elle présente aujourd’hui s’il n’y avait pas eu de colonisation.
Dans ce sens, l’on ne peut ignorer le fait que les frontières tracées par le colonisateur ont tenu moins compte de la configuration ethnique des espaces concernés que des intérêts des anciennes métropoles.
Or, si l’on part de la conférence de Berlin (qui a consacré le partage de l’Afrique) en 1884-1885 jusqu’à nos jours, il y a exactement cent vingt (120) ans.
Des problèmes politiques non solutionnés
Dans nombre de pays en guerre, il est aisé de remarquer que cette situation a été précédée par le règne, pendant de très longues années, d’un parti unique ou d’un régime militaire. En tout état de cause, par un régime qui n’était pas de droit démocratique et libéral. Résultat, cela a donné lieu à toutes sortes d’abus sans que les citoyens disposent de mécanismes institutionnels compétents pour réparer les torts dont ils ont été victimes.
Un sentiment de ras-le-bol généralisé est ainsi né et il ne fallait qu’une toute petite étincelle pour provoquer la déflagration générale. Et à supposer même qu’ils aient eu des canaux pour se faire entendre et se faire rendre justice, il arrive un moment où les peuples ont besoin de changement.
Pas parce que l’équipe en place est nécessairement mauvaise, mais parce que les citoyens en ont marre de la voir où elle est. A l’échelle individuelle, il nous arrive de nous débarrasser d’une voiture, d’une motocyclette, d’une bicyclette ou même d’une chemise pas parce qu’elle est endommagée mais parce que le plaisir que nous éprouvons en l’utilisant s’est émoussé.
SOLUTIONS
Quelques solutions peuvent être envisagées pour réduire le nombre de guerres en Afrique et protéger les personnes les plus vulnérables. Dans un premier temps, il faut nécessairement instaurer en Afrique et partout sur la planète un climat de stabilité où les différences socio-économiques laisseraient leur place à l’égalité et la solidarité entre les peuples et entre les pays. Les grandes institutions internationales ainsi que les pays développés doivent aussi prendre conscience du rôle qu’ils ont joué et qu’ils jouent encore dans les guerres en cours. Ils doivent, dans un partenariat d’égal à égal avec les pays africains, contribuer à un réel développement durable luttant contre la pauvreté, les injustices et la violence qui règnent actuellement en Afrique