AFFAIRE MAMADOU KOULYBALI- DESIRE TAGRO

Publié le par assovf.over-blog.org

 

Les graves accusations portées par Mamadou Koulibaly(président de l'assemblée nationale de la cote d'ivoire) vont-ils finir par avoir raison de Désiré Tagro(ministre de l'interieur) ?

 

 

 Le moins qu’on puisse dire c’est que l’étau se resserre autour du ministre ivoirien de l’Intérieur Désiré Tagro, depuis qu’il a essuyé le 2 juin 2010 l’attaque frontale du président de l’Assemblée Mamadou Koulibaly Ce dernier a réclamé sa démission pour fraudes massives aux concours de police orchestrées au profit de la tribu du mis en cause.

 

Il l’a accusé, par ailleurs, de détournements des sommes allouées à l’organisation des pèlerinages à la Mecque et des indemnisations des victimes des déchets toxiques payées par la société Trafigura.

 

« Le ministre de l’Intérieur a-t-il perçu seul ou avec autrui (notamment le premier ministre) la somme de dix milliards de francs Cfa qui lui aurait été versé à titre de commission par la société Sagem Sécurité », a indiqué en effet, le communiqué de la Présidence lu par le porte-parole du chef de l’Etat et qui annonce l’ouverture d’une enquête sur toutes ces accusations. « C’est un véritable coup de tonnerre ! », s’exclame-t-on dans l’opinion nationale. Si on tient compte des pressions de l’opinion médiatique, des groupes parlementaires de l’opposition et du président de l’Assemblée nationale, qui n’est pas n’importe qui, la surprise reste de taille. Et quand on sait que Désiré Tagro est un ministre de l’Intérieur en fonction et proche parmi les proches du président Gbagbo et qu’il est le négociateur en chef du camp résidentiel dans l’accord de paix de Ouagadougou (Apo) signé en 2007, on peut assurément convaincre sur le fait que cette affaire fait partie des banals dossiers de détournements de deniers publics. Il est clair que si les résultats de l’enquête sont défavorables au ministre Tagro et au Premier ministre, également visé, le processus de sortie de crise risque d’être profondément perturbé.

 

En effet, que va-t-il se passer, de façon concrète, si l’enquête conclut, par exemple, que le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro a perçu effectivement avec autrui en l’occurrence le Premier ministre Soro Kigbafori Guillaume la somme de dix milliards de francs comme commission par la société Sagem Sécurité ?

 

Le 2 juin 2010, au cours d’un colloque qui s’est tenu à l’Assemblée nationale sur le bilan des 20 ans du multipartisme en Côte d’Ivoire, le numéro deux du régime ivoirien Mamadou Koulibaly a accusé Tagro de ces différentes malversations mais a aussi jugé l’accord de Ouaga d’échec patent. « Inscrit initialement dans un chronogramme de dix mois et présenté comme la clef du dénouement de la crise ivoirienne, l’Apo (accord politique de Ouagadougou) après trois années de tractations, est hélas une succession d’impasses habitées par l’amertume, le doute et l’inertie », a fustigé au cours de ce colloque Mamadou Koulibaly avant d’insister sur la réunification du pays qui n’a pas eu lieu en dépit de la « multitude de deniers publics gaspillés dans les voyages entre Abidjan-Ouaga-Abidjan-Paris. Abidjan-New York ».

 

Pour le vice-président du Fpi, Désiré Tagro Asségnini “qui a négocié, discuté, approuvé et conseillé l’Apo” doit purement et simplement démissionner. « Laurent Gbagbo doit changer l’équipe en charge de négocier la sortie de crise. L’équipe qui a piloté l’Apo a atteint ses limites. L’éducation à la responsabilité se fera ainsi par l’exemple.

 

La méthode ne sera plus de se détourner des problèmes ou de les repousser », a déclaré Mamadou Koulibaly qui se veut la bonne conscience du régime des refondateurs. Ainsi donc, l’Accord de Ouagadougou risque d’aller en procès tout comme les deux animateurs que sont le Premier ministre Soro Guillaume et son ministre de l’Intérieur.

 

Il est vrai que d’aucuns pensent qu’il s’agira encore une fois d’une enquête de plus pour amuser la galerie.

 

La vérité, c’est qu’on ne saurait présager de la suite. Dans une atmosphère délétère de suspicion généralisée dû à une profonde crise de confiance, tout est possible.

 

Beaucoup de personnes risquent d’être éclaboussées dans cette affaire.

 

Alors si l’Apo est remis en cause et que le Premier ministre est démis de ses fonctions, il est évident que cela prolongerait la crise, avec comme incertitude la tenue des élections.

 

On le constate cette affaire fait planer de graves menaces sur le processus de paix en Côte d’Ivoire.

 

 

Que cache l’affaire DITE Mamadou Koulibaly attaque le ministre Désiré Tagro ?

 

Depuis plus d’une semaine les spots de l’actualité politique Ivoirienne son braqué sur la longue et belle communication du 2 Juin 2010 donnée par Mamadou Koulibaly le Président de l’Assemblé Nationale sur le sujet de « La Responsabilitéde la classe politique devant l'opinion publique » lors du colloque organisé par la CSCI (Convention de la société civile en Côte d'Ivoire). On peut déduire en lisant entre les lignes que, Mamadou Koulibaly a servi à son auditoire un verre à moitié plein ou à moitié vide selon notre angle de perception de ses propos apparemment ciblés mais souvent portant le voile des non dits.

Suite à ce véritable pamphlet, ce qui est rapporté de manière récurrente dans les médias se résume soit à l’appel à démissionner de son poste que fait Mamadou Koulibaly au ministre de l’intérieur Désiré Tagro qui a « fait prendre des ordonnances illégales au président Gbagbo, négocié, discuté, approuvé et conseillé l’APO (Accord politique de Ouaga) qui a échoué », soit à la dénonciation « d’un système mafieux, corrompu, tribal » aux concours d`entrée dans les grandes écoles de la police, de la gendarmerie et de l`administration, sournoisement imputé au même Désiré Tagro

 

 

Il apparait clairement que les propos qui ressortent de la diatribe de Mamadou Koulibaly ne sont pas infondés. Hormis Désiré Tagro, il fait un véritable doigt d’honneur à la rébellion armée du MPCI qui n’a «pas désarmé après des cérémonies de destructions factices d’armes, pas permis la réunification du pays, pas permis d’achevé le redéploiement de l’administration encore moins l’unicité des caisses de l’état ». 

Interpelant aussi la classe politique Ivoirienne dans son entièreté, il revient sur « le code de bonne conduite (souvent violé par le RHDP « PDCI-RDR-UDPCI-MFA) signé à grand bruit et oublié dans le mausolée de l’APO ou sa dépouille à rejoint celle du service civique et celle de la restauration de l’autorité de l’Etat ».

A première vue, on pourrait se convaincre qu’en aucun moment Mamadou Koulibaly ne tient rigueur en quoi que ce soit au président Laurent Gbagbo. Fait extraordinaire quand on sait que 
le 16 Décembre 2009 le Président lui-même avait demandé pardon à la Côte d’Ivoire en confiant à la rédaction du groupe Fraternité matin : « Je présente des excuses aux Ivoiriens qui m’ont fait confiance et qui m’ont confié leur pays. Et moi, par naïveté, j’ai laissé attaquer leur pays » En outre quand on connait l’implication direct du Président Gbagbo de la signature à l’exécution de sa part de l’APO, on comprend difficilement pourquoi et comment Mamadou Koulibaly arrive t’il à épargner celui qui est officiellement le dépositaire de cet accord très controversé qui a subit plusieurs modifications depuis sa signature. L’épargne t’il vraiment ? Analysons ces morceaux choisis de l’intervention du N°2 de l’état de Côte d’Ivoire :
[…]…cette classe politique a plutôt conduit à l’instabilité chronique avec sa litanie de maux : crises à répétition, coups d’Etat, rebellions armées,défaillance voire faillite de l’Etatviolence politiquecorruption, trafic d’influences et perte de contrôle sur une partie du territoire national au profit de flibustiers d’un autre âge[…] 

Il cite […]"Ministre. Personne qui agit avec un grand pouvoir et une faible responsabilité." Ambrose Bierce - Le dictionnaire du Diable (
un recueil de définitions formulées en formules assassines, corrosives et sans merci pour le genre humain) […] (Ici on peut entrevoir par exemple que le Ministre désiré Tagro à une « faible responsabilité » dans l’échec de l’APO même si avec son «grand pouvoir » il l’a négocié, discuté, approuvé et conseillé au Président Gbagbo.

ALORS QUI EST LE VRAI RESPONSABLE DE CE ECHEC SELON MAMADOU KOULIBALY ?

[…] L’échec de l’Afrique est avant tout celui de sa classe politique…L’exemple caractéristique de ce type d’échec est l’Accord politique de Ouagadougou connu sous l’appellation de Apo[…] 


[…]En guise de réussite, force est de constater que le processus électoral est totalement enlisé 
malgré la dissolution de la Commission électorale indépendante et son remplacement par d’autres cadres des partis politiques […] 

[…] …on ne connaît, ni la date des élections, ni celle d’un hypothétique désarmement mais ce qui est certain c’est qu’il faut user de tous moyens pour distraire le peuple, 
seul point qui fasse l’unanimité. […] 

[…] Nous devons avoir le courage de renoncer à la fuite face aux responsabilités. Nous devons même les prendre au plus vite. La fin de la spirale de Ouaga doit être annoncée officiellement avec les regrets qui se doivent. […] 


[…] Laurent Gbagbo doit changer l’équipe en charge de négocier la sortie de crise. L’équipe qui a piloté l’Apo a atteint ses limites […] 

et il termine par cet aphorisme de Friedrich Nietzsche extrait de son œuvre, « Le crépuscule des idoles » (1888) : « Le désillusionné parle : je cherchais des grands hommes, et je n`ai trouvé que des hommes singeant leur idéal. » 

Après analyses de ces morceaux choisis de la communication de Mamadou Koulibaly, il flotte comme un vent d’inachevé et de non dits (
voulu ou non) d’un homme révolté qui choisit la voie du monologue et des paraboles acerbes pour communiquer avec le leader de sa famille politique (Laurent Gbagbo) en prenant pour cible annoncée et crédible l’un de ses bras droits dans la gestion de la sortie de crise politique (Désiré Tagro). Est-ce la bonne méthode ? J’en doute fort au vue du climat de tension né au sein du FPI (Front populaire Ivoirien) suite à cette intervention très musclé du 3è Vice-Président de ce parti politique. Toutefois, comme on le dit souvent « à quelque chose malheur est bon ». Ce coup de pied dans la fourmilière donné par Mamadou Koulibaly aura le mérite de faire bouger la classe politique Ivoirienne dans son ensemble vers la fin de cette crise polico-militaire qui n’a que trop duré et qui tire la Côte d’Ivoire vers la bas depuis près de 8 ans. 

Il est temps de faire le bilan de l'accord de Ouaga qui bien qu'agonisant peut, tel un sphinx, renaitre de ses cendres si et seulement si les responsabilités son BIEN situés et que chacun joue vraiment sa partition; chose que les rebelles du MPCI avec à leur tête Guillaume Soro (officiellement ...) n'ont pas fait jusque là.

 

Affaire donc à suivre......

 


 

 

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