Comparaison des marchés intérieurs de la Côte d’Ivoire et du Ghana
Alors que la Côte d’Ivoire a appliqué intégralement le programme de libéralisation imposé par la Banque mondiale, le Ghana, lui, a mis en pratique son propre programme d’évolution graduelle.
Au final, la Côte d’Ivoire compte aujourd’hui plus de 3000 coopératives dans la filière cacao. Incapables de survivre face aux multinationales, ces structures voient leur part se réduire d’année en année. Pendant ce temps, au Ghana, la Cocobod reste seul maître à bord.
L’Etat ghanéen maîtrise parfaitement la filière cacao et en tire le maximum de dividendes, alors que son voisin francophone fait face à un nombre d’intermédiaires pléthorique et à des coopératives peu performantes.
Conséquence :
baisse continuelle des revenus des producteurs,
non-respect des prix incitatifs sur le terrain et perte de traçabilité. Sur le circuit de commercialisation à l’extérieur, les acteurs nationaux ivoiriens n’arrivent pas à s’insérer dans un marché mondial balisé par de grands groupes privés. Malgré le soutien dont ils ont bénéficié (100 milliards FCFA), les PMEX et les COOPEX (PME et coopératives exportatrices) enregistrent de faibles performances.
L’absence d’une structure garantissant la bonne exécution commerciale est à déplorer.
Au niveau de la transformation locale du cacao, quatre sociétés (les Américaines Unicao et Micao appartenant respectivement à ADM et à Cargill, la Suisse Saco du groupe Barry Callebaut et la Française CEMOI) réalisent près de 90% de la transformation locale.
Le seul privé ivoirien, Condicaf, transforme 20 000 tonnes par an, contre au moins 100 000 pour Unicao. Avec le retrait progressif des banques locales et l’internationalisation des financements, il est clair que cette tendance n’est pas prête de s’estomper.
Espérons que la si attendue évaluation de la Banque mondiale puisse livrer un diagnostic clair avec des recommandations pertinentes, afin que la Côte d’Ivoire finance d’abord sa relance avec ses propres richesses.
Il y va de sa souveraineté et de l’avenir de ses populations.
KONATE