Prix Mo Ibrahim
D’origine soudanaise, élevé en Égypte, de nationalité britannique : il y a plusieurs vies dans celle de Mo Ibrahim. Mais à 63 ans, cet homme d’affaires, régulièrement présent dans les palmarès des plus grandes fortunes du monde, est resté étroitement lié à son continent natal. C’est là qu’il a bâti un empire en créant Celtel, en 1998. Une société de téléphonie mobile panafricaine qu’il a ensuite revendue et qui est aujourd’hui connue sous le nom de Zain. L’Afrique est aussi la préoccupation majeure de la Mo Ibrahim Foundation, qui chaque année décerne le prix de la bonne gouvernance à un ancien chef d’État ou de gouvernement (en 2008, Festus Mogae, ancien président botswanais).
La Fondation a été créée pour :
Par l'intermédiaire de son Conseil d’administration, et en participant à divers évènements, la Fondation réunit les mondes de l'université, du secteur privé et de l'aide au développement pour débattre sur les questions de gouvernance.
La Fondation rassemble rassamble aussi régulièrement les représentants de la société civile pour partager leurs analyses sur les enjeux de la gouvernance dans leurs pays respectifs.
À travers un partenariat avec la School of Oriental and African Studies de Londres, la Fondation apporte son soutien à des universitaires et chercheurs africains.
Avec ce partenariat, la Fondation permet également d'accéder à une série de conférences sur la gouvernance en Afrique, données par des spécialistes en la matière.
Avec l’Indice Ibrahim et la publication de ses résultats annuels à travers le continent, la Fondation entend favoriser un débat permanent sur la gouvernance en Afrique.
Avec l’Indice Ibrahim, la Fondation initie le débat sur la mesure de la gouvernance en Afrique, et par conséquent, sur les critères permettant aux citoyens d'évaluer l'action des pouvoirs publics. Cette approche de la gouvernance - un ensemble de biens et de services publics que les gouvernements s'engagent à fournir - permet de définir les responsabilités d'un gouvernement à l'égard des ses citoyens. A partir des données de l'indice Ibrahim et leurs propres expériences, les citoyens peuvent identifier les failles de la gouvernance et demander des réformes.
Transférer l'élaboration de l’indice Ibrahim aux institutions universitaires africaines permettra de renforcer encore le débat sur la gouvernance, entre pouvoirs publics et société civile.
L'Indice Ibrahim est un outil vivant qui intègre les réactions des parties prenantes et les changements des contextes politiques en Afrique.
En décernant le prix le plus important au monde, la Fondation attire l'attention sur les dirigeants africains qui ont fait preuve d’excellence dans l'exercice de leur mandat.
En saluant leur œuvre lors d'une cérémonie prestigieuse qui met en valeur les réussites du continent, la Fondation montre l'Afrique sous un jour différent.
Le Prix Ibrahim permet à ces anciens dirigeants de poursuivre leur rôle d'homme d'État au service du continent, en leur fournissant notamment les moyens de soutenir des initiatives de la société civile.
La Fondation finance des bourses d’études favorisant l'accès à l'éducation et à la formation de ceux qui aspirent à devenir les futurs dirigeants du continent.
En transférant progressivement l'élaboration de l'Indice Ibrahim aux institutions universitaires africaines, la Fondation favorise le développement des travaux de recherche sur la gouvernance en Afrique.
Par l'intermédiaire des établissements locaux d'enseignement sur tout le continent, la Fondation réunit une large gamme d'acteurs et appuie leurs efforts pour améliorer la qualité de la gouvernance dans leurs pays respectifs.
La Fondation est engagée dans un projet de long terme qui vise à améliorer la qualité de la gouvernance sur le continent africain. Elle ne s'aligne ni sur les administrations publiques ni sur les partis d'opposition, ni ne fait campagne pour ou contre des personnalités ou des partis politiques. Son rôle n'est pas d'avantage de commenter les crises conjoncturelles, électorales ou autres, malgré leur impact souvent dévastateur. Bien d'autres organisations, avec d'avantage d'expérience de compétences, sont là pour jouer ce rôle.
La Fondation, de par la nature de sa mission, entend rester neutre. Sur le long terme, l'Indice Ibrahim reflétera nécessairement les crises et les échecs de gouvernance. C'est à travers cet instrument, et les changements de score des pays au fil des ans, que la Fondation mettra en exergue les mauvais comme les bons exemples de gouvernance et de leadership.
La Fondation Mo Ibrahim est financée exclusivement par le Dr Mo Ibrahim et elle ne perçoit aucune ressource extérieure, ce qui garantit son intégrité et son indépendance. Les activités et les dépenses de la Fondation sont gérées par son Conseil d'administration.
Parce qu'elle est née de la réussite d'une entreprise africaine sur le continent africain, la Fondation entend concentrer ses activités sur ce périmètre géographique, dont elle souhaite conforter le développement.
En tout état de cause, l'Afrique est confrontée à des enjeux spécifiques en terme de leadership et de gouvernance et, pour toute une série de raisons complexes, les populations du continent n'ont jusqu'ici pas toujours été bien servies par leurs dirigeants.
L'Indice Ibrahim et le Prix Ibrahim sont les premiers du genre. C'est une institution africaine qui construit aujourd'hui une méthode innovante pour évaluer la gouvernance et identifier les réussites de leadership susceptibles d'être reproduites. Pour répondre aux enjeux complexes de leadership et de gouvernance auxquels elle est confrontée, c'est l'Afrique qui prend l'initiative.
"Les critères pour le lauréat sont ambitieux, et le nombre de candidats chaque année est restreint. Donc il est possible qu'il y ait des années sans prix, quand aucun nouveau candidat n'émerge", a souligné M. Ibrahim, selon un communiqué de sa fondation.
L'an dernier, le jury du prix, présidé par l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, avait annoncé avoir examiné une liste de candidats possibles mais n'avoir pas pu s'accorder sur un lauréat. Cette année, aucun nouveau candidat n'a émergé, ont précisé les organisateurs.
Le prix peut être accordé à un ancien chef d'Etat ou de gouvernement de pays de l'Afrique subsaharienne qui a quitté ses fonctions au cours des trois dernières années, en récompense de son action dans l'intérêt du public ou de son action caritative.
Mo Ibrahim a souligné que malgré la pénurie de candidats adéquats pour le prix, d'une valeur de cinq millions de dollars sur 10 ans et de 200.000 dollars versés à vie les années suivantes, sa fondation continuerait à travailler à la promotion de la bonne gouvernance en Afrique.