Programme pharmaceutique d’appui aux populations pauvres dans le cadre des plans stratégiques de développement au Burkina Faso

Publié le par assovf.over-blog.org

Chapitre I : Importance de la mise en place d’un programme pharmaceutique d’appui aux populations pauvres dans le cadre des plans stratégiques de développement au Burkina Faso
Le Burkina Faso est un pays pauvre très endetté situé dans la boucle du Niger en Afrique de l’Ouest. Sa superficie est de 274 200 km ². Sa population est d’environ 14 017 262  d’habitants selon les estimations de l’INSD  de  2006 ; composée de 48,3% d’hommes et de 51,7% de femmes, soit un rapport de 93 hommes pour 100 femmes .
.
C’est un pays qui possède plus de 44,5 % (5 340 000 ) de sa population qui vivent en dessous du seuil absolu de pauvreté estimé à 72 000 fr cfa par an et par personne.
C’est la raison pour la quelle le gouvernement burkinabé en collaboration avec les bailleurs de fond a élaboré le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. Il est articulé autour de quatre axes :
Axe 1 : accélérer la croissance et la fonder sur l’équité
Axe 2 : améliorer l’accès des pauvres aux services sociaux de base et à la protection sociale
Axe 3 : élargir les opportunités d’emplois et d’activités génératrices de revenus pour les pauvres
Axe 4 : promotion de la bonne gouvernance
L’importance de la mise en place d’un programme pharmaceutique d’appui aux populations pauvres dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté se présente sur plusieurs sections :

Section I :
Améliorer l’accès des populations pauvres urbaines ou rurales aux services pharmaceutiques de base et a la protection contre les risques de santé.

Cette section prend son appui sur l’axe 2 du CSLP.
Les services pharmaceutiques de bases et la protection contre les risques de santé constituent la mise à la disposition des populations pauvres de médicaments essentiels, une hygiène de vie avec de l’eau potable à la portée de tous.
L’existence de dépôts pharmaceutiques et de fontaine d’eau dans les localités ou résides des populations pauvres n’est pas synonymes de la disponibilité de ces denrées vitales. On peut facilement remarque l’absence de fréquentation, le manque de l’hygiène qui occasionne des maladies souvent endémiques ( paludisme, autres parasitoses, infections bactériennes et virales…)
Le programme pharmaceutique d’appui permettra au x populations d’avoir un esprit plus proche des règles pharmaceutiques de base. Ces règles essentielles sont entre autres :
  connaître les avantages et les inconvénients de tout produit présenté comme étant un médicament ( domaine traditionnel ou moderne )
  connaître la nécessité d’avoir un personnel médical, pharmaceutique et/ou tradipraticien qualifié
  Situé la place du médicament, du praticien, du pharmacien ou du tradipraticien dans la prise en charge de la maladie.
  Faire la part des choses entre les notions ancestrales du médicament, de la maladie et de sa prise en charge par rapport à celle de la médecine moderne.
  Savoir les actes élémentaires de soins ou de prise de médicaments pour les maladies graves et endémiques de chaque localité.
  Savoir traité l’eau pour la garder potable
  Comprendre la nécessité de respecter les règles élémentaires d’hygiène de vie.

A - Connaître les avantages et les inconvénients de tout produit présentés comme étant un médicament
La sensibilisation est le seul moyen pour arriver à cet objectif. Il est facile de dire à la radio en toutes les langues que tout produit n’est pas un médicament. Un médicament est une drogue dangereuse. C’est pourquoi il faut voir toujours un spécialiste avant de le prendre. Le théâtre, la presse et les sorties de sensibilisation à travers les associations villageoises sont des supports importants. L’accent sera mis sur les solutions préparer par les Tradipraticiens. Avec le SIDA, ces produits sont très dangereux et méritent une attention particulière.
B – Connaître la nécessité d’avoir un personnel médical, pharmaceutique et tradipraticien qualifié.
Il est important que l’ordre national des pharmaciens du Burkina crée un groupe d’animation pharmaceutique. Ce groupe fera des sorties dans les villages et les secteurs pour expliquer le rôle et la place du pharmacien dans la société. Il est aussi intéressant d’organiser des séances de sensibilisation des élèves, écoliers et étudiants sur la nécessité d’avoir un personnel médical pharmaceutique qualifié au sein d’une nation.
Le groupe d’animation pharmaceutique de l’ONPB sera formé mensuellement par le conseil de l’ordre. Soit un groupe par mois qui animera tout le mois selon les sites présélectionnés par le conseil. L’animation se fera en collaboration avec la communauté locale, les associations et les personnalités locales coutumières, religieuses et administratives.
Slogan : l’ordre national des pharmaciens au service de la santé publique !

C - Situé la place du médicament, des praticiens, du pharmacien ou du tradipraticien dans la prise en charge de la maladie

IL est impératif que chaque localité ait ses maladies cibles. Par exemple le village de Boussouma dans la province de zounweogo, département de Koubri a comme première maladie le paludisme, puis les malnutritions, les parasitoses digestives et les infections bactériennes… Les problèmes généraux pour toutes les localités sont établis par le Ministère de la santé.
La maladie et le médicament, le pharmacien ou ses subordonnés ( AV, ASV, Dépositaire…), le médecin, le TP doivent être bien expliqué
Par localité, on établira la liste des Médicaments essentiels pour la prise en charge des maladies de liste.
Par exemple : la chloroquine, l’aspirine, le paracétamol doivent être à la disposition de toutes les familles. On y ajoutera le fer, l’acide folique et quelques antiparasitaires et antibiotiques si possible et selon les cas.

D - Coutume, Maladie, médicament traditionnel # médecine et pharmacie moderne
En collaboration avec le ministère de la santé, l’OMS, les associations, les ONG, les fondations et organisations charismatiques doivent participer à lever ce handicap.
La tare formée par cet état d’esprit est responsable de beaucoup de problème dans la prise en charge de la maladie. Le malade commence par tâtonnement entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne, puis par la suite selon l’évolution de la maladie peut ou pas consulter chez le praticien de la médecine moderne. Souvent l’évolue de la maladie l’oblige à choisir la médecine moderne avec en ce moment un pronostic inquiétant.
Tant que cette équivoque ne sera pas levé, le pauvre aura de la peine à se soigner. Et des centres de santé resteront non fréquenter ou bien qu’ils soient des centres d’accueil de malade dont l’issue est non favorable. Même si son niveau économique trouve un changement, son état d’esprit l’oblige à avoir une conduite suicidaire devant la maladie. Malheureusement lui-même ignore la gravité de sa conduite.

E- Les actes élémentaires de soins
La posologie de la chloroquine, de l’amodiaquine, de l’aspirine et du paracétamol doit être enseignée à l’école primaire à partir du cours moyen. C’est un problème de santé publique qui oblige ce choix et non une question de déontologie ou de monopole. Il est des moments qu’il faut choisir entre l’ignorance qui tue et l’abrogation de certaines règles.
Au cours d’une étude sur les risques de santé liés à l’utilisation des médicaments vendus sur le marché informel, l’auteur à constater que cette ignorance est la cause de plusieurs décès banaux dans les localités habitées par les populations pauvres.
Le passage de la médecine traditionnelle à la médecine moderne, le passage de la médecine coloniale à la médecine post indépendance sont tout mal compris par le pauvre. Les conséquences se manifeste jour par jour selon les maladies et selon le niveau économique des familles. Ces passages doivent être compris clairement.
On ne doit pas laisser le pauvre à son sort. Il y a très longtemps ses ancêtres utilisaient tel type de remède, il n’y pas longtemps les remèdes était gratuit et maintenant tout est cher. Que faire ? Se demandent les pauvres ! Le traitement d’un accès palustre coût environ deux têtes de cheptel aujourd’hui, demain peut être trois et dans cinq ans ? Pourtant l’eau se fait rare, l’élevage est plus difficile et l’agriculture de contre saison vient difficilement.
Les populations pauvres doivent connaître les actes élémentaires de soins :
  consulter au premier moment de la maladie,
  avoir confiance au personnel médical et aux médicaments
  suivre le traitement prescrit sans hésiter c’est avoir la compliance
  Ne pas mélanger un traitement moderne avec un traitement traditionnel à la fois.
  Informer le medecin ou le pharmacien toute manifestation clinique inquiétant au cours du traitement.

F – Le traitement et la conservation de l’eau.
La plupart des parasitoses intestinales rencontrées dans les localités habitées par les populations pauvres sont en rapport avec le traitement et/ou la conservation de l’eau.
Soit l’eau puisée est mal conservée
Soit l’eau de pluie n’est pas évacuée
Soit l’eau conservée s’est contaminée par la suite par une mauvaise manipulation ou autres raisons parce qu’elle est dans de mauvais récipient ou dans un mauvais endroit.
L’eau recueillie potable doit garder cette qualité en tout en tout lieu avant sa consommation. Il faut alors que le Ministère de la santé organise une journée nationale de l’eau et de la santé au Burkina Faso. Cette journée sera organisée dans les localités pauvres avec les médias, les associations, les ONG et l’ordre national des pharmaciens à travers des programmes de sensibilisations, conseils, conférences et projections de film… Chaque année on étalement les bonnes manières de vivre avec l’eau, les précautions à prendre pour éviter les maladies. Si possible avec des pris pour les meilleures familles parmi celle de la localité.
Les règles élémentaires de l’hygiène de vie, alimentaires et communautaire doivent être afficher dans les artères de rue, les places publiques et les écoles.
Le ministère de la santé en collaboration avec les autres ministères doivent établir un programme national sur l’hygiène. En ce jour, les médias doivent avoir un programme quotidien sur l’hygiène, programme animé en collaboration avec l’ONP. Chaque organe de presse doit avoir un invité par édition dur ce problème et pourquoi pas sur d’autres problèmes de santé.

Section II

Les populations pauvres, le droit et la réglementation pharmaceutique

Au Burkina Faso, les pharmaciens sont des agents de santé publique. Tout le service pharmaceutique est au profit de la population y compris celle pauvre. La place de la maladie, de la mort sont des facteurs influençant les relations pharmacien population. Pour les populations pauvres, mourir du paludisme, de l’hépatite ou de toute autre pathologie humaine est une affaire de destin. Dieu a donné, Dieu a repris comme le dit les croyants. Alors que pour la loi et la réglementation pharmaceutique, toute personne meurt d’une pathologie humaine. Soit la pathologie a été mal prise en charge, soit elle a eu une évolution importante avant l’instauration du traitement, soit-elle est invalide…. Toute mort est un fait lié au traitement et à la disponibilité du médicament.
La réglementation pharmaceutique et la loi protègent le malade face aux médicaments utilisés. Alors le fabriquant, le prescripteur, le dispensateur sont impliqué dans cette loi. Il reste à ce que le malade connaisse tous ces faits. Qu’il les exploite au moment opportun !
Les populations pauvres doivent connaître les lois sur les essentiels de base, situer la place du pharmacien, du médecin et de la pharmacopée traditionnelle quant à la protection du malade et de la santé publique. Une information est importante à partir du corps enseignant des écoles, collèges et lycées du pays. L’ONP, le gouvernement et les institutions chargées de la protection de la santé humaine peuvent organiser des ateliers de formation des enseignants sur la loi et les médicaments dans une société.

Section III

Le médicament essentiel de base

IL est vrai que le Burkina Faso possède une liste nationale de médicament. Mais il est nécessaire que chaque localité possède une liste de médicament essentiel de base. C’est à dire une liste de médicament en relation avec les maladies endémiques par localité. Cette liste sera actualisée chaque année. Il sera nécessaire qu’un seul, deux ou tout au plus trois laboratoires pharmaceutiques soient agrée par molécule de cette liste. Il s’agit d’une décentralisation de la liste nationale mais aussi d’une prioritarisation des médicaments. Du médicament essentiel, on arrive au médicament de base qui résout les problèmes primaires prioritaires pour ne pas dire primitifs de santé. Il n’est vraiment pas nécessaire qu’une molécule comme l’amoxicilline soit vendue au Burkina Faso par plus de cinq laboratoires pharmaceutiques. Une étude statistique sur la consommation annuelle en ces médicaments de listes est nécessaire pour établir un baromètre d’utilisation de médicaments de base.
Le ministère de la santé, le gouvernement et l’institut nationale de la statistique et du développement sont les plus aptes à évaluer les besoins par localités en médicaments essentiels de base.
Section IV

Relevé le niveau de vie des populations pauvres

Pour éviter une pérennisation de la situation de la pauvreté, il faut relever le niveau de vie des populations pauvres ( axe1 et 3 du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ).

Section V
Alphabétiser les populations pauvres

La pauvreté en elle-même constitue une maladie grave. Elle est aggravée par l’ignorance due à l’analphabétisme et l’absence d’ouverture des esprits. Permettre aux populations pauvres de pouvoir lire et écrire une langue est une forme de leur vacciner contre la pauvreté. Le meilleur vaccin contre la pauvreté est l’éducation, l’alphabétisation, les formations culturelles par la lecture et la professionnalisation des agents.
Seule une bonne gouvernance pourra assurer cet aspect ( axe 4 du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ).

CONCLUSION

La misère, stade suprême de la pauvreté absolue constitue une maladie grave. C’est une maladie qui s’elle est non traitée entraîne d’autres pathologies plus grave avec des dysfonctionnements qui affecte la société entière.
Le Burkina Faso, doit alors élaborer un programme pharmaceutique national d’appui aux populations pauvres afin de minimiser les effets notoires de la misère. Ce programme doit tenir compte des axes du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté.
L’importance d’un programme pharmaceutique d’appui aux populations pauvre se situe au fait que le médicament devient un outil facile à manier. Ce médicament est celui de base, primitif pour les maladies qui ne devaient pas exister encore dans une communauté du XXIè siècle.
Le succès d’un tel programme permettra d’améliorer le niveau de vie de la population, de réduire le développement de certaines maladies, de limiter la chimiorésistances des germes, de diminuer les dépenses de santé des familles et alors d’augmenter la productivité facteur de développement durable.
                
Chapitre II : Les conséquences de l’absence d’un programme pharmaceutique d’appui aux populations pauvres dans le cadre des plans stratégiques de développement au Burkina Faso
.I – Les maladies courantes
Le paludisme, la fièvre typhoïde, l’hépatite, certaines infections bactériennes et parasitaires affectent des sujets productifs pour l’économie nationale. Quel que soit l’issu du traitement, le malade sera un moment absent de son service. Pourtant une simple sensibilisation sur les règles d’hygiène de vie permet de protéger beaucoup de personnes. Cette sensibilisation loin d’éloigner la maladie mais limitera son influence et réduira le taux de mortalité.

II – Les médicaments essentiels de base.
Eviter le gaspillage de médicaments est une forme d’économiser pour mieux prendre en charge d’autres malades. Avoir une liste de médicaments essentiels de base bien connue par les populations leur permet de respecter les posologies et la durée du traitement. Ce qui minimise les chimiorésistance et le développement de germes redoutables.
La mauvaise manipulation de médicament est la cause de plusieurs décès dans les pays pauvres.

III- La consultation
 
La fréquentation tardive des centres de santé est responsable de décès courants parmi les populations pauvres. Améliorer cette situation et vous verriez une réduction importance du taux de mortalité. Le manque de confiance ou le mélange de consultation entre médecine moderne et médecine traditionnel aggrave les maladies, crée de la chimiorésistance, augmente le risque de toxicité iatrogène et élève le coût de la prise en charge de la maladie.

IV – L’ignorance
Il est la cause des malheurs : refus de consulter malgré tout, refus de payer les médicaments malgré tous, refus de se faire soyer en général …
Ce sera suicidaire si un pays entier accepte de rester dans cet état pendant longtemps.


Conclusion générale
Le problème est simple et complexe pour l’autorité politique qui dirige le pays. Il est aussi banal pour un professionnel pharmaceutique comme les docteurs et leur supérieur. Il est supporté mais ignoré par les populations pauvres. Pourtant c’est un problème réel et qui mérite qu’on se penche sur la recherche de solutions. Il n’est pas facile de revenir à la base pour mieux faire. Notre population est composée de pauvres, d’ignorants et d’analphabètes. IL faut l’admettre et rechercher les solutions idoines. Un programme pharmaceutique d’appui aux populations pauvres sera une solution, peut être pas la meilleure mais plutôt la bienvenue. La rejeter sera une cause de l’aggravation de beaucoup de problèmes de santé dont la misère est le principal activateur. Notre vocation, notre choix d’un art noble comme la pharmacie aura de sérieuses difficultés à se faire respecter par ces populations pauvres si la situation restait sans changement
.

Auteur : Dr SAOUADOGO

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article