RAPPORT DES SESSIONS DU FORUM MODIAL DU DVPMT DURABLE DU 09 AU 11 OCTOBLE 2009

Publié le par assovf.over-blog.org

 

                          RAPPORT DES SESSIONS

 

 

 

Session 3 : Quelle coopération internationale avec l’Afrique dans une perspective de développement durable ?

 

Président de séance :  Alain VALLEE

 

   L’Afrique est un continent riche, riche d’une population jeune, riche en ressources naturelles. Elle a reçu depuis une cinquantaine d’années une aide internationale pour amorcer son développement. Malgré cela ses populations restent dans une situation précaire.

 

Aujourd’hui, alors que le changement climatique est au centre des débats internationaux, elle se trouve dans la situation paradoxale où ,  bien que continent ayant la plus faible contribution aux émissions de gaz à effet de serre,  il en subira, de par sa situation géographique,  les conséquences les plus lourdes en termes de vies humaines et de développement économique.

 

Le moment actuel ouvre l’opportunité de revoir l’organisation de l’aide à l’Afrique dans un  « new deal » qui permettra d’y créer un développement durable. Ce plan devra profiter  de l’expérience  passée et répondra aux nouveaux défis climatiques.

 

La session 3 a cherché à croiser des projets de développement et l’échelle à laquelle ces développements seraient le plus pertinent. Il en est ressorti les propositions suivantes :

 

  1.  selon le principe de subsidiarité, le pilotage des projets doit être toujours au niveau le plus pertinent et le plus proche du terrain.

 

  1.  la prévision des instabilités climatiques nécessite de créer un système de surveillance et d’alerte météo pour anticiper les catastrophes.  Les pays ayant ce type d’organisation doivent aider l’Afrique à mettre en place un tel système en transférant équipements, logiciels et savoir-faire.

 

  1.  il faut lancer un plan sur l’ensemble du continent africain pour fournir à tous l’accès à l’électricité. Ce plan implique des actions à toutes les échelles du continent – régional, national et local. L’aide financière, l’apport de technologies, seront fournis par les pays avancés et le partage des expériences entre régions, pays et localités sera une clé du succès.

 

  1. les pays avancés vont avoir à mettre en place des systèmes de mise aux enchères des émissions de carbone. Une partie des revenus pourrait être utilisée pour la construction d’infrastructures en Afrique. 

 

  1. le partage des expériences,  réussies ou ratées,  est une clé de la réussite des projets de développement. La coopération décentralisée au niveau local doit être favorisée, entre pays africains eux-mêmes, et aussi avec des communautés équivalentes dans d’autres pays du Sud ou du Nord.

 

  1. la jeunesse de la population est une ressource essentielle et pour développer cette richesse qu’il convient d’éduquer.  Pour réussir ce projet  tous les moyens de formation peuvent être utilisées et par exemple en incluant les techniques de téléformation ce qui permet l’accès aux enseignants du monde entier. .

 

  1. le développement des technologies adaptées au continent africain passe par l’essor de centres de recherches autour des universités. Des partenariats avec les universités des pays avancés qui apporteraient un soutien technique, le transfert de savoir-faire et l’échange d’étudiants sont un facteur essentiel à la réussite de ce projet.

 

 

Session 4 : Les mobilités et leur impact économique, financier et politique

 

Présidents de séance :  Roland POURTIER  et Martin BIKIENGA       

 

   La mobilité est une composante structurelle des sociétés africaines, notamment en Afrique de l’Ouest. L’émigration extra-africaine, en particulier en direction de l’Europe, reste minoritaire, mais elle est politiquement sensible et très médiatisée ce qui fausse les perspectives.

 

            Aux moteurs habituels de la migration – facteurs économiques, sociaux, culturels, politiques -  s’ajoutent désormais les dégradations de l’environnement.  Ces dégradations ont des causes à la fois naturelles et anthropiques : comment peut-on agir sur les causes humaines ? Quelles conséquences la péjoration climatique et environnementale exerce-t-elle sur les migrations ?

 

            L’aggravation prévisible des conditions environnementales et les risques inhérents à une « migration climatique » posent des défis supplémentaires, d’autant plus que les populations africaines connaissent une croissance démographique exceptionnelle qui pèse fortement sur les ressources.

 

            Les questions liées aux mobilités doivent être abordées à toutes les échelles. A l’échelle locale et nationale la migration des populations rurales vers les villes est un phénomène majeur : bientôt la moitié de la population africaine vivra en ville, ce qui déplace les enjeux du développement durable. Dans le même temps les espaces de mobilité régionale transcendent les barrières frontalières tandis que la mondialisation diversifie les flux migratoires. C’est dans ce système de mobilité généralisée qu’il convient de repenser le lien entre migration et développement.

 

           

Dans ce contexte général, la session fait les recommandations suivantes:

 

            1 – La nécessité d’améliorer la connaissance de la réalité des flux migratoires ne serait-ce que pour éviter les fantasmes attachés à la migration. Un observatoire des migrations permettrait de faire un suivi de ces flux.

 

            2- Le renforcement de la fluidité des échanges de personnes, car il est illusoire de dresser des murs pour contenir la pression migratoire.

            A cet égard ont été proposés, entre autre :

                        - l’établissement de visas multi-entrée pour les migrants vers l’Europe

                        - la généralisation et l’amélioration en Afrique du protocole de la CEDEAO qui établit la libre circulation des personnes (limitée cependant à trois mois).

 

            3 – L’appui aux migrants pour qu’ils soient mis en situation de contribuer plus efficacement  au développement de leur pays d’origine :

                        - par des actions de co-développement

                        - en collaborant avec la coopération décentralisée

L’exemple emblématique de Yélimane dans la région  de Kayes au Mali a été cité pour illustrer le rôle positif de la diaspora dans le développement.

                        - en favorisant l’investissement de l’argent de la diaspora dans des secteurs productifs. Il a été rappelé que les remises pouvaient représenter jusqu’à 10% voire davantage du revenu de certains Etats comme le Mali ou le Sénégal.

 

            4- Une meilleure reconnaissance de l’apport de la migration dans les pays d’accueil. Le « pillage des cerveaux » est dénoncé ; plus concrètement il est important de reconnaître le niveau de formation des migrants et notamment la qualité de leurs diplômes.

 

            5- Une action destinée à rendre les transferts financiers moins onéreux. L’Union Postale Universelle, organe des Nations Unies, pourrait servir de cadre une telle initiative. Les réseaux de la poste pouvant de surcroît offrir des services de proximité.

 

Session 5 : Le développement durable entre contraintes environnementales, mondialisation et défis démographiques  - (Energie, Agriculture, Forêt, Aménagement du territoire,…)

Président de Séance : Jean LAMY, Daouda KONTONGOMDE

Dans chaque secteur, les participants à la session ont été invités à identifier (1) les facteurs-clés qui déterminent l’évolution du secteur de façon durable ou non durable, (2) les actions prioritaires à entreprendre pour que le développement se fasse de façon durable dans le secteur considéré, (3) les outils à déployer pour la réalisation rapide de ces actions.

Ce faisant, les participants ont été amenés à identifier, dans chaque domaine, les actions de développement durable qui devraient être encouragées par le dispositif qui se mettra en place à Copenhague, selon  une approche projets et en examinant plus particulièrement les conditions de financement , les obstacles à lever et les incitations à créer pour que le développement reste possible, mais de façon plus durable, dans ses trois composantes – économique, environnementale et sociale.

Dans chaque secteur, les propositions ou recommandations suivantes sont ressorties de la session :

 

 

RAPPORT SESSION 6 : Santé, Afrique et mondialisation

Présidents de séance : Philippe DOUSTE-BLAZY, Seydou BOUDA

 

La santé fait partie des droits et du bien être des hommes. Elle suppose l’accès aux soins et aux médicaments mais également à l’information, à la formation, à l’alimentation et à un environnement viable. Il faut parler de santé globale et de bien public mondial.

La santé est au cœur des OMD, or on a constaté récemment une augmentation de la mortalité infantile dans 14 pays africains et la crise financière a éloigné de nombreux pays de la réalisation des OMD.

Il importe de prendre en compte les liens entre l’environnement, les changements climatiques et la santé. Les problèmes climatiques concernent la planète tout comme les problèmes de santé ; ils imposent une solidarité internationnale.

Les changements climatiques ont des effets négatifs sur les populations les plus vulnérables : maladies liées à l’eau non potable, à la pollution, à la sécheresse, au développement des épidémies …

Mais il ne faut pas que la lutte contre les causes et les effets des changements climatiques se fassent au dépens des objectifs urgents de lutte contre la pauvreté et d’amélioration de la santé. Il manque quarante milliards de dollars annuellement pour atteindre les OMD, chiffre à comparer avec les 5000 milliards de dollars de plan d’appui aux banques et aux plans de relance des pays développés et émergents.

 

Les recommandations :

Elles concernent différentes échelles :

 

Au niveau international :

 

Il faut impérativement que les taxes et financement liés au marché du carbone visent également à atteindre les OMD en affectant au moins de 20 à 25 % de ces ressources à la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de la santé.

Les financements innovants (exemple des taxes ou des contributions volontaires sur les billets d’avion mis en place par Unitaid) permettent d’avoir des financement pérennes, prévisibles en phase avec des actions durables en terme d’accès aux médicaments et d’appui aux organisations de santé.

Les coopérations internationales impliquant des acteurs publics, privés et de la société civile doivent être renforcés.

 

Au niveau national et local :

 

Les actions supposent notamment :

 

Il s’agit d’avoir une conception de santé globale, d’agir en terme de bien être des populations, d’intégrer les liens entre environnement, formation et soins mais également d’autres secteurs comme l’énergie notamment pour que les vaccins et médicaments puissent être bien conservés.


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